Harbin

Si j’ai passé un mois en Chine, je n’ai pas, pour des raisons familiales, pu visiter beaucoup d’endroits différents. Mes anecdotes sont donc à prendre telles quelles, ce sont des impressions qui ne reflètent pas forcément la réalité du pays…

Harbin (哈尔滨), à 459 km de mon lieu de villégiature, est la capitale de la province du Heilongjiang : presque 10 millions d’habitants pour plus de 53 000 km². L’historique de la ville est assez riche depuis la première implantation humaine aux environs de 2200 av. J.-C., pour simplifier je vous invite à vous rendre au 4 février 1932. Moins de 15 ans après l’établissement de Harbin comme une grande métropole du nord accueillant les ressortissantes de pas moins de 53 nations, Russes en têtes, le territoire est envahi par les Japonais. Les heures sombres de la ville verront s’installer l’Unité 731 et ses crimes de guerre. Août 1945, les Russes, influants par le passé, envahissent le territoire et chassent les Japonais et le rendent à la Chine, qui deviendra temporairement une place forte du communisme chinois protégée par la proximité de l’URSS. Ce petit pavé d’histoire était nécessaire pour expliquer l’influence russe sur la ville…

Je dois bien admettre que la première image que j’ai gardée de la ville, ce sont les seins nus des nymphes. Dressées tout au long de l’immeuble du HPGC, le second groupe pharmaceutique chinois, dont la maison mère occupe un immense bâtiment presque haussmannien avec, en plus, force de colonnes et de statues que Michel-Ange n’aurait pas reniée (mis à part l’opulence des parties hautes). L’attraction touristique de la ville, quelle que soit la saison, c’est la Central Street. Cette rue, de près d’un kilomètre et demi de long, est définie par la municipalité comme l’unique musée d’architecture au monde. Elle a été construite au début du 19e siècle avec l’aide d’ingénieurs russes et de milliers d’autres étrangers, alors que la ville est le siège d’un immense chantier de construction ferroviaire qui devait la connecter au Transsibérien. Son architecture mêle la renaissance et le baroque européen aux influences russes ou florentines. Certains bâtiments seraient même des répliques de bâtisse occidentales. La promenade y est inévitable. C’est vraiment la rue importante de la ville qui regroupe un environnement architectural intéressant, des magasins et des centres commerciaux réputés et une décoration qui tranche avec le reste de la ville. En hiver, on y trouve tous les 200 mètres de ces sculptures de glace qui décorent aussi les parcs et les ronds-points de la ville.

La Central Street se termine, à une de ses extrémités, au bord du fleuve Songhua. Entre ce dernier et l’extrémité de la rue, un monument est érigé en 1958 à la mémoire des milliers de victimes de la crue et des effort de reconstruction qui ont suivi. Il a été ensuite revu pour commémorer celles de 1989 et 1998 (source). Je crois que l’on retrouve les mêmes mémoriaux au niveau des villes de Jilin et de Jiamisu. En février, la couche de glace sur le fleuve est tellement épaisse, que le parc y étend son aire de jeu et, aux jours clairs, les gens vont s’y promener en calèche ou jouer sur la patinoire naturelle. Certains osent même le traverser en voiture !

Le dernier lieu touristique que j’ai eu l’occasion de visiter en centre-ville, il faut dire que nous y avons passé que deux jours, est la place Sophia. Certains prétendent que c’est l’endroit le plus photographié de la ville. La particularité de cette place est d’accueillir l’Église Sophia, un monument orthodoxe construit par les Russes, en bois en 1907, puis reconstruit en dur quatre ans plus tard. Longtemps laissé à l’abandon après le départ d’une grande partie de la communauté russe, il a été réhabilité par la ville en 97 et est devenu un lieu très à la mode.

Une réflexion au sujet de « Harbin »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *